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Bien prompter Claude 5 : vos vieux réflexes vous coûtent des jetons

4 août 2026

Anthropic vient de lancer la famille Claude 5 — dont Opus 5, son modèle le plus costaud pour le code et le travail d’agent. Bonne nouvelle : vos prompts existants fonctionnent encore. Moins bonne nouvelle : plusieurs de vos réflexes de prompting datent des modèles précédents, et certains font maintenant plus de mal que de bien. Voici ce qui change concrètement, tiré de la documentation officielle d’Anthropic, et digéré en français pragmatique.

La grande idée : on retire des béquilles, on n’en ajoute pas

Avec les anciens modèles, on avait pris l’habitude d’ajouter des instructions partout : « vérifie ton travail », « repasse sur ta réponse », « n’oublie pas de finir la tâche ». Opus 5 fait déjà tout ça par lui-même. Le prompting version 5, c’est surtout faire le ménage dans vos vieux prompts — et être explicite sur ce qui compte vraiment pour vous : la longueur, le ton, la portée.

Ce qui s’est amélioré (en vitesse)

  • Codage agentique : fonctionnalités multi-fichiers, gros refactors, travail de bout en bout. Il termine ses tâches au lieu de laisser des bouts de code « à compléter ». Donnez-lui la spécification complète dès le départ, puis laissez-le travailler.
  • Revue de code : haute précision, peu de faux positifs. Attention : si votre prompt dit « rapporte seulement les problèmes graves », il vous obéira à la lettre et en rapportera moins. Demandez-lui plutôt tout, et filtrez ensuite.
  • Efficacité : les niveaux d’effort low et medium donnent une excellente qualité pour une fraction du coût. Refaites vos tests d’effort — les réglages hérités des anciens modèles ne sont plus optimaux.
  • Vision : lecture de graphiques, documents, maquettes d’interface. Vos vieux contournements « spécial vision » sont probablement devenus inutiles.
  • Contexte de 1 million de jetons par défaut, avec un comportement stable d’un bout à l’autre.
  • Multi-agents : il coordonne bien des équipes de sous-agents — parfois un peu trop volontiers (on y revient plus bas).

1. La verbosité : demandez la concision, ne baissez pas l’effort

Piège classique : les réponses d’Opus 5 sont plus longues par défaut, et le paramètre effort contrôle combien le modèle réfléchit — pas combien il parle. Baisser l’effort ne raccourcira pas la réponse de façon fiable. La solution est simple : demandez-le.

« Garde tes réponses courtes et concentrées. Limite les avertissements et les mises en garde, et consacre l’essentiel de la réponse à la vraie question. Quand on te demande d’expliquer, donne un résumé de haut niveau, sauf si on demande explicitement les détails. »

Dans un long prompt système, répétez un court rappel vers la fin — c’est bête, mais ça marche.

2. La narration pendant le travail : décrivez la cadence voulue

En mode agent, Opus 5 raconte volontiers ce qu’il fait, avant et pendant. Si c’est trop bavard pour votre produit, décrivez exactement le rythme que vous voulez :

« Avant ton premier appel d’outil, dis en une phrase ce que tu t’apprêtes à faire. En cours de route, donne une mise à jour brève seulement si tu trouves quelque chose d’important ou si tu changes de direction. À la fin, commence par le résultat : ta première phrase doit répondre à “qu’est-ce qui s’est passé ?” »

Et si vous en voulez plus, même levier dans l’autre sens : montrez des exemples du style souhaité. Les exemples positifs fonctionnent mieux que les listes d’interdictions.

3. Les documents écrits : calibrez la longueur

Indépendamment de la conversation, les fichiers que le modèle rédige (rapports, résumés, documents Markdown) sortent plus longs qu’avant. Ajoutez une consigne de calibrage :

« Ajuste la longueur des documents à ce que la tâche exige : couvre le fond, mais sans sections de remplissage, résumés redondants ni formules toutes faites. »

4. Le sur-contrôle : enlevez vos instructions de vérification

Celle-là va à contre-courant de nos habitudes : Opus 5 vérifie déjà son travail tout seul. Si vos prompts contiennent « ajoute une étape de vérification finale » ou « utilise un sous-agent pour vérifier », retirez-les. Ces instructions s’additionnent au réflexe naturel du modèle et brûlent des jetons pour rien — les enlever ne coûte rien en qualité. Même chose pour « double-check ta réponse » : c’est devenu du gaspillage.

Le modèle peut aussi élargir la portée d’une tâche de sa propre initiative. Pour les tâches à périmètre serré, cadrez-le :

« Livre ce qui est demandé, à la portée prévue. Prends toi-même les décisions de routine. Si la demande te semble erronée ou qu’une meilleure approche existe, dis-le en une phrase et continue la tâche telle que demandée, sans la rétrécir ni l’élargir en douce. »

5. Les sous-agents : cadrez la délégation

Opus 5 délègue plus facilement que ses prédécesseurs. C’est payant pour de vrais gros travaux parallèles, mais ça multiplie les coûts sur les petites tâches. Donnez des règles claires :

« Délègue à un sous-agent uniquement pour les grosses tâches réellement indépendantes et parallélisables. Ne délègue pas ce que tu peux finir toi-même en quelques appels d’outils, et n’utilise pas de sous-agents pour vérifier ton propre travail. »

6. Le « thinking » désactivé : évitez, ou balisez

Opus 5 réfléchit par défaut (« thinking »), et on ne peut le désactiver qu’à effort high ou moins. Le conseil d’Anthropic est clair : gardez le thinking activé et contrôlez les coûts avec l’effort. Thinking activé à effort low bat généralement thinking désactivé à coût équivalent.

Si vous devez absolument le désactiver, deux artefacts peuvent apparaître : des appels d’outils écrits en texte (qui ne s’exécutent jamais) et des balises XML internes qui fuient dans la réponse. Une instruction combinée les atténue :

« Quand tu utilises un outil, tu peux dire une brève phrase d’abord. Si aucun outil ne convient à la demande, dis-le au lieu de deviner. N’inclus pas de balises XML internes ou système dans ta réponse. »

Détail contre-intuitif : nommer les balises fautives (« pas de balises thinking ») fonctionne moins bien que la formulation générale. Et si votre prompt contient une règle du genre « ne réfléchis pas », enlevez-la : elle augmente les fuites.

En résumé

  • Vos prompts Opus 4.8 fonctionnent — mais faites le ménage des instructions de vérification et de re-vérification.
  • L’effort contrôle la réflexion, pas la longueur : demandez la concision explicitement.
  • Refaites vos tests d’effort : low et medium sont devenus très bons.
  • Cadrez la portée, la narration et la délégation en décrivant ce que vous voulez — avec des exemples positifs.
  • Gardez le thinking activé; jouez sur l’effort pour les coûts.

Le fil conducteur, si vous ne retenez qu’une chose : Claude 5 en fait plus par défaut. Le travail du prompteur n’est plus de le pousser, mais de le diriger. Comme un bon employé senior : on ne lui répète pas de vérifier son travail, on lui dit c’est quoi, le travail.

Source : Prompting Claude Opus 5, documentation Anthropic. Article rédigé avec l’aide de Claude — relu par un humain qui l’assume.